Un réseau thématique de recherche consacré à la production et à la santé animales a été lancé le mardi 27 octobre à l’École nationale supérieure agronomique (ENSA) d’El Harrach, à Alger, sous la présidence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari. Porté avec le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, il doit rendre ses premières conclusions dans six mois, selon la presse. Parmi les pistes annoncées : une lignée ovine issue du croisement des races Ouled Djellal et D’man.
70 laboratoires et plus de 300 chercheurs
Selon L’Expression, le réseau mobilisera 70 laboratoires et centres de recherche, plus de 300 chercheurs et enseignants-chercheurs et plus de 100 doctorants. Il associe le Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger ; pour M. Baddari, cette rencontre constitue la première activité de terrain du Haut conseil, rapporte Le Jeune Indépendant.
D’après le ministère de l’Enseignement supérieur (MESRS), les objectifs sont notamment d’identifier les priorités nationales de recherche à partir des besoins du secteur agricole, de monter des projets de recherche appliquée associant universités, centres de recherche, services techniques et professionnels, et de transférer les résultats vers l’amélioration génétique, l’alimentation animale et la gestion des élevages. La prévention et la lutte contre les maladies animales figurent aussi parmi les priorités ; le communiqué vise plus largement la sécurité alimentaire, notamment par la réduction des pertes dues aux maladies animales.
Un croisement Ouled Djellal x D’man à l’étude
Parmi les recommandations attendues figurent la création d’une race ovine hybride issue du croisement entre Ouled Djellal et D’man et la mise au point de trois types d’aliments du bétail (L’Expression). Selon Le Jeune Indépendant, le schéma repose sur des croisements alternés entre les deux races.
L’intérêt est de combiner deux atouts. Ouled Djellal, présentée par TSA comme « la plus importante race ovine algérienne », est présente au centre et à l’est du pays et réputée pour sa viande et son poids. La D’man, race des oasis du sud-ouest, se distingue par sa très forte prolificité : 2 à 4 agneaux par portée, selon TSA.
Trois conventions de recherche signées
Trois conventions ont été signées lors du lancement, selon L’Expression :
- l’étude de la diversité génétique des ovins et des possibilités de son amélioration ;
- le traitement de la mammite subclinique causée par des bactéries résistantes et des biofilms, par des méthodes alternatives ;
- l’utilisation de microalgues et d’huiles essentielles de plantes médicinales et aromatiques comme alternative aux antibiotiques en aviculture.
Le directeur de l’ENSA, Tarek Hartani, a souligné l’intérêt du réseau pour les zoonoses. Mohammed Gagaoua, chercheur à l’INRAE (France) et membre du Haut conseil, estime que les données nécessaires existent déjà mais restent dispersées, et que la digitalisation de la filière est un préalable à une meilleure traçabilité (Le Jeune Indépendant).
Ce qu’il faut retenir pour votre exploitation
- Aucune nouvelle lignée n’est disponible à ce stade : le projet de croisement Ouled Djellal x D’man est à l’étude, et les premières conclusions du réseau sont attendues dans six mois.
- Les thèmes retenus touchent directement l’élevage : amélioration génétique ovine, alimentation (trois formules d’aliments annoncées), mammite subclinique en élevage laitier, alternatives aux antibiotiques en aviculture.
- Le réseau veut rapprocher la recherche des éleveurs : suivez les appels à partenariat des universités et des instituts de votre région.
- Bien enregistrer les données de votre troupeau (naissances, poids, maladies) reste la base de toute amélioration génétique et de la traçabilité.

