Eaux usées épurées : un groupe de travail intersectoriel installé pour étendre leur usage en irrigation

Le ministre de l'Hydraulique, Lounès Bouzegza, a installé à Alger un groupe de travail technique intersectoriel chargé de proposer des moyens d'étendre la réutilisation des eaux usées épurées dans l'agriculture et l'industrie, selon un communiqué du ministère relayé le 29 octobre 2026 par l'APS. L'Algérie compte 237 stations d'épuration, d'une capacité théorique globale de 1,12 milliard de m³ par an.

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Eaux usées épurées : un groupe de travail intersectoriel installé pour étendre leur usage en irrigation © hartono subagio / Pexels

Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a officiellement lancé à Alger un « groupe de travail technique intersectoriel » dont la mission est de proposer des moyens d’étendre et de développer la réutilisation des eaux usées épurées dans les secteurs agricole et industriel. L’information a été diffusée le jeudi 29 octobre 2026 par l’agence APS, sur la base d’un communiqué du ministère.

Selon ce communiqué, la démarche s’inscrit dans les instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et dans les conclusions de la réunion du Gouvernement du 15 octobre 2026.

Les missions confiées au groupe de travail

Le groupe réunit des représentants de plusieurs secteurs : hydraulique, environnement, agriculture, finances, recherche scientifique, formation professionnelle, industrie et start-up. Le communiqué lui fixe notamment les missions suivantes :

  • établir un diagnostic du fonctionnement des stations d’épuration ;
  • identifier les difficultés techniques, organisationnelles et financières qui entravent leur fonctionnement ;
  • proposer des solutions pour améliorer leur rendement et mieux exploiter les infrastructures existantes, ainsi que des mesures correctives et des solutions technologiques adaptées ;
  • développer les capacités nationales de traitement afin d’élargir la réutilisation des eaux épurées pour l’irrigation agricole et les activités industrielles, conformément aux normes en vigueur.

La présence du secteur de l’agriculture dans le groupe signale que l’irrigation est l’un des débouchés visés. Aucun calendrier de remise des propositions n’a été rendu public.

237 stations existantes, 76 en programme

Le communiqué dresse l’état du parc : 237 stations d’épuration des eaux usées, pour une « capacité théorique globale de traitement de 1,12 milliard de mètres cube par an ». Le programme en cours prévoit :

  • la réalisation de 76 nouvelles stations ;
  • la réhabilitation de 101 stations de relevage ;
  • la réhabilitation et la réalisation de 802 km de canalisations d’assainissement ;
  • l’équipement des stations en traitement tertiaire.

Le traitement tertiaire est l’étape d’affinage qui suit l’épuration biologique. Le communiqué ne précise pas les usages agricoles que ce traitement doit permettre.

Ce que le communiqué ne dit pas

Le texte parle d’une capacité « théorique ». Il ne donne ni le volume d’eaux épurées effectivement réutilisé aujourd’hui, ni les superficies agricoles irriguées avec ces eaux, ni d’objectif chiffré de réutilisation. Ces données seront déterminantes pour mesurer ce que la démarche peut apporter aux périmètres irrigués.

Un cadre réglementaire qui existe depuis 2007

L’usage des eaux usées épurées en irrigation n’est pas nouveau en droit algérien. Le décret exécutif n° 07-149 du 20 mai 2007, publié au Journal officiel n° 35 du 23 mai 2007, organise leur utilisation sous le régime de la concession, accordée par arrêté du wali (ou du ministre chargé des ressources en eau lorsque plusieurs wilayas sont concernées) pour une durée de dix ans renouvelable.

Le même texte interdit l’irrigation avec ces eaux des cultures maraîchères dont les produits se consomment crus, impose l’arrêt de l’irrigation au moins deux semaines avant la récolte et interdit le pâturage direct sur les parcelles irriguées. Seules les cultures figurant sur une liste fixée par arrêté conjoint des ministres chargés des ressources en eau, de l’agriculture et de la santé peuvent être irriguées.

Toute extension de la réutilisation à l’agriculture passera donc par ces concessions et par le respect de ces restrictions, sauf modification des textes, que le communiqué n’évoque pas.

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Catégories : Actu' Algérie, Irrigation

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