Agrumes précoces : une mandarine verte peut être mûre, mais la récolte trop hâtive inquiète la filière

Mandarines et premiers agrumes sont vendus à Alger depuis début octobre, entre 280 et 400 DA/kg, souvent encore verts. Interrogés par Horizons (édition du 28 octobre), le président de l'interprofession agrumes de Tizi Ouzou et un agronome rappellent que la maturité se mesure au sucre et à l'acidité, pas à la couleur ; le président de l'interprofession dénonce les cueillettes précoces liées à la vente sur pied.

Par 3 min de lecture
Lire plus tardCompte gratuit
Agrumes précoces : une mandarine verte peut être mûre, mais la récolte trop hâtive inquiète la filière © Beyza Kaplan / Pexels

Mandarines et premiers agrumes sont sur les étals d’Alger depuis début octobre, souvent encore verts. Interrogés par le quotidien Horizons (édition du 28 octobre), un responsable de l’interprofession et un agronome rappellent qu’une écorce verte ne signifie pas forcément un fruit immature : c’est le taux de sucre et l’acidité qui font la maturité. Le président de l’interprofession dénonce toutefois des récoltes trop précoces, liées à la vente des vergers sur pied.

Des prix élevés en début de saison

Sur un marché de la rue Réda Houhou, à Alger, Horizons a relevé des mandarines à 280 DA/kg pour le petit calibre et à 300-350 DA/kg pour le calibre moyen, et des oranges à 400 DA/kg. Certains acheteurs les jugent sucrées ; d’autres refusent un fruit qu’ils trouvent trop précoce et trop cher.

La couleur n’est pas un critère de maturité

Pour Ahmed Khelfouni, président du Conseil interprofessionnel de la filière des agrumes de Tizi Ouzou, la maturité d’un agrume ne se lit pas sur l’écorce : « Ce n’est pas par rapport à sa couleur, qu’il soit vert ou orange, mais par rapport au taux de sucre ». Il cite aussi l’arrivée de nouvelles variétés précoces venues d’Espagne et d’autres pays.

L’agronome Mohamed Badis va dans le même sens : « Une mandarine verte n’est pas forcément un fruit qui manque de maturité. » La coloration de l’écorce dépend de la variété et des températures.

Ce qui colore l’écorce

D’après les deux spécialistes, ce sont les nuits fraîches et les journées douces qui font disparaître la chlorophylle de l’écorce et révèlent la couleur orange. Un automne doux peut donc laisser des fruits verts à l’extérieur alors qu’ils sont mûrs à l’intérieur.

Mesurer plutôt que regarder

Les professionnels mesurent le taux de sucre (degré Brix) au réfractomètre, explique Mohamed Badis, qui précise que le Brix seul ne suffit pas : c’est l’équilibre entre sucres et acidité qui détermine surtout le goût. Pour le consommateur, Ahmed Khelfouni recommande le test le plus simple : goûter.

La vente sur pied pousse à cueillir trop tôt

Ahmed Khelfouni reconnaît que la cueillette de fruits immatures existe : « C’est un problème et une pratique qui est devenue, ces dernières années, trop répandue. » Il l’attribue aux acheteurs qui achètent les vergers sur pied, souvent en août ou septembre, et récoltent tôt pour vendre cher les premiers fruits. Il précise que ce n’est pas le cas de tous les agriculteurs.

Il plaide pour une régulation par l’État, avec des contrôleurs sur les marchés capables de distinguer un fruit mûr d’un fruit qui ne l’est pas.

Partager
Catégories : Actu' Algérie, Arboriculture

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'un astérisque.