Brebis Ouled Djellal : 65 % de fertilité et 16 % de mortalité, ce que mesure une étude sur 762 brebis de l’Est algérien

Une étude du Centre de recherche en biotechnologie (CRBt) de Constantine a suivi 762 brebis de race Ouled Djellal dans neuf élevages de l'Est algérien. Fertilité de 65 %, mortalité de 16,33 % : les chiffres montrent où se perdent les agneaux, et donc le revenu.

Par 4 min de lecture
Lire plus tardCompte gratuit
Brebis Ouled Djellal : 65 % de fertilité et 16 % de mortalité, ce que mesure une étude sur 762 brebis de l’Est algérien
Photo illustration DR

Que vaut une brebis Ouled Djellal dans un élevage réel, hors station expérimentale ? Une équipe du Centre de recherche en biotechnologie (CRBt) de Constantine et de l’université de Souk Ahras l’a fait sur 762 brebis reproductrices suivies dans neuf élevages des zones arides et semi-arides de l’Est du pays. Ses résultats ont été publiés le 2 avril 2024 dans la revue Annals of Arid Zone.

Trois modes d’élevage comparés

Les brebis étudiées relèvent de trois systèmes :

  • 91 brebis en élevage sédentaire ;
  • 323 en élevage semi-sédentaire ;
  • 348 en élevage transhumant.

Sur 578 gestations confirmées, 681 agneaux sont nés, répartis en quatre périodes d’agnelage : 265 en hiver, 280 et 105 en été, et 32 en automne (contre-saison). L’âge moyen au premier agnelage est de 359,5 jours, soit un peu moins d’un an.

Les chiffres clés de la reproduction

  • fertilité : 65 % ;
  • fécondité : 147,06 % (indicateur tel que défini par les auteurs) ;
  • taille de portée : 1,06 agneau par mise bas en sédentaire, 1,17 en semi-transhumant et 1,21 en transhumant ;
  • mortalité : 16,33 %, avec 118 pertes enregistrées, dont 36 mort-nés.

L’intervalle entre deux mises bas raccourcit avec le rang d’agnelage et l’âge de la brebis. Les performances varient significativement selon la saison, sauf la mortalité, qui ne diffère pas entre l’automne et le printemps.

« La reproduction contribue directement à la rentabilité de l’exploitation » (traduit de l’anglais)

Mourad Douh et al., Centre de recherche en biotechnologie (CRBt), Constantine — Annals of Arid Zone, 2 avril 2024

Où se perd le revenu

Deux chiffres méritent l’attention d’un éleveur. Avec une fertilité de 65 %, environ une brebis sur trois n’a pas été productive, selon la définition usuelle de cet indicateur (brebis ayant mis bas rapportées aux brebis mises à la reproduction). Avec une mortalité de 16,33 %, environ un agneau sur six a été perdu, dont une partie à la naissance. Le résumé de l’étude ne détaille pas les causes de ces pertes. On ne peut donc pas les attribuer à l’alimentation, au climat ou aux maladies.

L’écart de taille de portée entre systèmes est réel : 1,21 agneau en transhumance contre 1,06 en sédentaire. Il ne dit toutefois pas pourquoi. L’étude décrit, elle ne teste pas de pratique d’élevage.

La sélection sur la croissance, un levier lent

Une seconde étude, publiée en octobre 2025 dans Agricultural Science Digest par des chercheurs des universités de M’sila, Tlemcen, Sétif et Ouargla, s’est intéressée à la génétique de la croissance des agneaux Ouled Djellal. Elle s’appuie sur les pesées de 817 agneaux, issus de 319 brebis et 25 béliers de la ferme pilote Yahia Ben Aïchouche (Bordj Bou Arréridj), entre 2009 et 2011. Les données sont donc anciennes, même si l’analyse est récente.

Les héritabilités directes mesurées sont faibles : 0,17 pour le poids à la naissance, 0,20 à 70 jours et 0,10 au sevrage (90 jours).

« Les coefficients d’héritabilité obtenus sont globalement faibles » (traduit de l’anglais)

A. Mennani et al., université de M’sila — Agricultural Science Digest, octobre 2025

Les auteurs en concluent qu’une sélection fondée sur la seule croissance individuelle des agneaux donnerait des progrès génétiques lents. Ils recommandent d’intégrer les effets maternels dans les futurs programmes d’amélioration.

Ce qu’il faut retenir pour votre exploitation

  • Dans neuf élevages de l’Est algérien, les brebis Ouled Djellal affichent 65 % de fertilité et 16,33 % de mortalité.
  • La taille de portée varie de 1,06 agneau en sédentaire à 1,21 en transhumant.
  • Les brebis mettent bas pour la première fois vers un an (359,5 jours en moyenne).
  • Tenez un registre simple : brebis mises à la lutte, brebis agnelées, agneaux nés, agneaux sevrés. C’est le seul moyen de savoir si votre troupeau fait mieux ou moins bien que ces repères.
  • La croissance des agneaux est peu héritable : la sélection seule progresse lentement, et la valeur maternelle des brebis doit être prise en compte.

Sources

  • Douh M., Rebai N., Gouasmia Y., Rebai S., Aissaoui C. (CRBt Constantine ; INSAV, Université de Souk Ahras) — Productive Performance of Ouled Djellal Ewes in Arid and Semi-arid Zones of Eastern Algeria — Annals of Arid Zone, vol. 63, n° 1, p. 1-8 — 2 avril 2024 — https://epubs.icar.org.in/index.php/AAZ/article/view/143429
  • Mennani A., Haddam H.Y., Bouchama B., Dib M., Dekhili M. (Universités de M’sila, Tlemcen, Sétif 1, Ouargla) — Estimation of Genetic Growth Parameters of Lambs of Ouled Djellal Algerian Sheep Breed — Agricultural Science Digest, vol. 45, n° 6, p. 1071-1076 — en ligne le 13 octobre 2025 — https://arccjournals.com/journal/agricultural-science-digest/DF-779
Partager
Catégories : Cahier Technique, Elevage

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'un astérisque.