Huile d’olive : de 64 000 à 126 000 tonnes, neuf campagnes de production algérienne au crible des bilans du COI

Alors que la cueillette 2026-2027 démarre, les bilans du Conseil oléicole international (COI) montrent une production algérienne d'huile d'olive très variable d'une campagne à l'autre : de 64 000 à 126 000 tonnes depuis 2017/18. Sur les trois dernières campagnes, la consommation intérieure a dépassé la production et les exportations ont été quasi nulles, à l'inverse de la Tunisie.

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Huile d’olive : de 64 000 à 126 000 tonnes, neuf campagnes de production algérienne au crible des bilans du COI © Telquel
Olives

Le Conseil oléicole international (COI), dont l’Algérie est membre, publie chaque année des bilans par pays (production, importations, consommation, exportations), exprimés en milliers de tonnes. Deux de ces documents permettent de retracer la production algérienne sur neuf campagnes, de 2017/18 à 2025/26 : le tableau de production publié par le COI fin 2023 et le bilan adopté lors de sa 122e session, en novembre 2025.

Neuf campagnes, un écart du simple au double

Sur la période, la production algérienne a oscillé entre 64 000 tonnes (2023/24) et 126 000 tonnes (2019/20), soit un rapport de près de un à deux. La moyenne des neuf campagnes s’établit à environ 85 600 tonnes (calcul de la rédaction). Les chiffres 2017/18 à 2022/23 sont ceux publiés par le COI fin 2023 et ont pu être révisés depuis.

Campagne Production (milliers de tonnes) Statut / document
2017/18 82,5 COI, tableau 2023
2018/19 97,0 COI, tableau 2023
2019/20 126,0 COI, tableau 2023
2020/21 70,5 COI, tableau 2023
2021/22 94,5 COI, tableau 2023
2022/23 75,5 COI, tableau 2023
2023/24 64,0 définitif, bilan novembre 2025
2024/25 85,0 provisoire, bilan novembre 2025
2025/26 75,5 estimation, bilan novembre 2025

Aucune tendance régulière ne se dégage : les hausses et les baisses se succèdent, parfois d’une année sur l’autre, comme entre 2019/20 (126 000 t) et 2020/21 (70 500 t).

2023/24 : une estimation révisée de 93 000 à 64 000 tonnes

Les bilans du COI évoluent au fil du temps. Dans le tableau publié fin 2023, la campagne 2023/24, alors en cours, était chiffrée à 93 000 tonnes. Le bilan de novembre 2025 retient pour cette même campagne un chiffre définitif de 64 000 tonnes, soit 29 000 tonnes de moins. Les chiffres d’une campagne en cours, notamment les prévisions de début de saison, peuvent donc être sensiblement révisés par la suite.

Une consommation supérieure à la production

Le bilan de novembre 2025 détaille, pour l’Algérie, les autres postes du marché :

Campagne Production Importations Consommation Exportations
2023/24 (définitif) 64,0 0,0 72,0 1,0
2024/25 (provisoire) 85,0 0,0 90,5 0,0
2025/26 (estimation) 75,5 0,0 80,5 0,0

En milliers de tonnes. Source : COI, 122e session.

Sur les trois campagnes, la consommation dépasse la production de 5 000 à 8 000 tonnes, sans importations inscrites au bilan. Les exportations se limitent à 1 000 tonnes en 2023/24 et sont nulles ensuite : l’huile d’olive algérienne est, selon ces chiffres, presque entièrement consommée sur le marché intérieur.

Tunisie et Maroc : deux profils très différents

Les mêmes documents permettent de situer l’Algérie par rapport à ses voisins. Sur les neuf campagnes, la production moyenne atteint environ 275 000 tonnes en Tunisie et 144 000 tonnes au Maroc, contre 85 600 tonnes en Algérie (calculs de la rédaction).

Campagne Algérie Tunisie Maroc
2017/18 82,5 325,0 140,0
2018/19 97,0 140,0 200,0
2019/20 126,0 440,0 145,0
2020/21 70,5 140,0 160,0
2021/22 94,5 240,0 190,0
2022/23 75,5 180,0 107,0
2023/24 64,0 220,0 106,0
2024/25 85,0 340,0 90,0
2025/26 75,5 450,0 160,0

Production d’huile d’olive, en milliers de tonnes. 2017/18 à 2022/23 : tableau COI publié fin 2023 ; 2023/24 à 2025/26 : bilan COI de novembre 2025.

La différence tient aussi aux débouchés. La Tunisie exporte l’essentiel de sa production : 199 500 tonnes en 2023/24, 275 000 en 2024/25 et 300 000 tonnes estimées en 2025/26, pour une consommation intérieure de 30 000 à 50 000 tonnes. Le Maroc, à l’inverse, consomme autant ou plus qu’il ne produit (140 000 à 160 000 tonnes) et a importé 30 000 tonnes en 2024/25. L’Algérie se situe dans une troisième configuration : une production inférieure à la consommation, sans importations ni exportations significatives au bilan.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Les bilans du COI ne donnent ni les superficies, ni les rendements, ni la répartition par wilaya. Ils ne comportent pas encore de chiffres pour la campagne 2026/27 qui débute. Les prévisions locales, comme les 16 millions de litres annoncés à Béjaïa, sont exprimées en litres et ne se comparent pas directement aux tonnes du COI.

Sources

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Catégories : Actu' Algérie, Arboriculture, Dossier

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