Céréales : production, rendements et importations de l’Algérie de 2023 à 2026, ce que disent les chiffres de l’USDA et de la FAO

Au moment où démarre la campagne 2026-2027, retour chiffré sur les trois dernières campagnes céréalières. Les données du département américain de l'Agriculture (USDA) et de la FAO montrent une production en hausse, des rendements encore faibles et une dépendance aux importations de blé qui reste de l'ordre des trois quarts de la consommation.

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Céréales : production, rendements et importations de l’Algérie de 2023 à 2026, ce que disent les chiffres de l’USDA et de la FAO © satveer chohan / Pexels

Combien l’Algérie produit-elle réellement de céréales, avec quels rendements, et quelle part de sa consommation de blé doit-elle encore acheter à l’étranger ? Les statistiques publiées par le service agricole extérieur du département américain de l’Agriculture (USDA) en mars 2025 et la note pays de la FAO (système GIEWS) du 30 juin 2026 permettent de dresser un tableau sur plusieurs campagnes. Ces chiffres sont des estimations internationales : ils ne remplacent pas les statistiques nationales, mais ils offrent une base comparable d’une année sur l’autre.

Blé : une production en hausse, des rendements encore bas

Selon les données officielles de l’USDA, l’Algérie a produit 2,7 millions de tonnes de blé lors de la campagne 2023/24, sur 1,8 million d’hectares récoltés, puis 3 millions de tonnes en 2024/25 sur la même superficie. L’antenne de l’USDA à Alger retenait alors pour 2025/26 une production stable de 3 millions de tonnes, sur 2,075 millions d’hectares.

Rapportés à la surface, ces chiffres donnent un rendement moyen d’environ 15 q/ha en 2023/24 et de près de 17 q/ha en 2024/25 (calcul de la rédaction). Ces moyennes nationales agrégées ne disent rien des écarts entre zones, ni entre parcelles irriguées et pluviales.

Orge : une progression comparable

Pour l’orge, l’USDA estime la production à 1,025 million de tonnes en 2023/24 et à 1,2 million de tonnes en 2024/25, sur 1,025 million d’hectares récoltés chaque année. Le rendement moyen passe ainsi d’environ 10 q/ha à près de 12 q/ha (calcul de la rédaction). Les importations d’orge sont estimées à 650 000 tonnes en 2023/24 et à 700 000 tonnes en 2024/25.

Importations de blé : environ les trois quarts de la consommation

Côté consommation, l’USDA estime les besoins totaux en blé à 11,75 millions de tonnes en 2023/24 et à 12,05 millions de tonnes en 2024/25. Les importations correspondantes s’élèvent à 9,5 puis 9,2 millions de tonnes. Autrement dit, les achats extérieurs couvrent environ 81 % de la consommation de blé en 2023/24 et 76 % en 2024/25 (calcul de la rédaction). La hausse de la récolte nationale réduit donc la part importée, sans inverser la tendance de fond.

  • 2023/24 : production 2,7 Mt, importations 9,5 Mt, consommation 11,75 Mt (USDA).
  • 2024/25 : production 3 Mt, importations 9,2 Mt, consommation 12,05 Mt (USDA).
  • 2025/26 (prévision de mars 2025) : production 3 Mt, importations 9,2 Mt, consommation 11,95 Mt (antenne USDA d’Alger).

2026 : une récolte nettement au-dessus de la moyenne

La note de la FAO du 30 juin 2026 change d’échelle. Elle estime la production céréalière de 2026 à environ 5 millions de tonnes, soit près de 30 % au-dessus de la moyenne et la plus forte récolte depuis 2019. La FAO attribue ce résultat à la saison des pluies : après un début de campagne sec qui a retardé les semis dans l’ouest, des pluies abondantes à partir de décembre 2025 ont permis un rétablissement, avec des précipitations supérieures à la moyenne de janvier à avril dans le nord-est (Constantine, Skikda) et des réservoirs à un niveau élevé.

Conséquence attendue sur les achats extérieurs : pour la campagne commerciale 2026/27 (juillet-juin), la FAO prévoit des importations de céréales proches de la moyenne, à 14,5 millions de tonnes, dont 8,5 millions de tonnes de blé, légèrement sous la moyenne en raison de la bonne récolte nationale, et 5 millions de tonnes de maïs, environ 10 % au-dessus de la moyenne quinquennale, essentiellement pour l’alimentation animale.

Ces chiffres FAO portent sur l’ensemble des céréales et ne sont pas directement comparables, ligne à ligne, aux séries blé et orge de l’USDA. Ils confirment toutefois le sens de l’évolution : une production qui progresse et un blé importé qui recule, tandis que le maïs, destiné surtout à l’alimentation animale, reste importé en volumes importants.

Ce que ces chiffres disent de la campagne qui commence

La série montre d’abord la sensibilité de la production au climat : la récolte 2026 doit beaucoup aux pluies d’hiver et de printemps, comme le souligne la FAO. Elle montre ensuite le poids du rendement : à 15-17 q/ha de moyenne nationale pour le blé, un quintal supplémentaire par hectare sur 1,8 million d’hectares représente environ 180 000 tonnes de blé (calcul de la rédaction).

Ce qu’il faut retenir pour votre exploitation

  • Le rendement moyen national du blé tourne autour de 15 à 17 q/ha selon les données USDA 2023-2025 : situez vos propres résultats par rapport à ce repère.
  • Le blé importé couvre encore environ les trois quarts de la consommation : la demande en blé local reste structurellement forte.
  • La bonne récolte 2026 est liée à une pluviométrie favorable selon la FAO : elle ne garantit pas le niveau de la campagne 2026-2027.
  • Pour les éleveurs, le maïs reste un poste largement importé : 5 millions de tonnes prévues en 2026/27 selon la FAO.

Sources

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Catégories : Actu' Algérie, Grandes Cultures

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