Des cas de fièvre aphteuse ont été signalés par la presse dans certaines régions de l’Est algérien, avec des fermetures de marchés à bestiaux dans plusieurs wilayas. Le 22 octobre 2026, la Direction générale des services vétérinaires (DGSV) a suspendu les importations de bovins sur pied « jusqu’à nouvel ordre ». Dans une note du 28 octobre, rapportée par Algérie Eco, elle a précisé que la mesure « concerne exclusivement les bovins destinés à la reproduction et à l’engraissement ». Les bovins destinés à l’abattage et les viandes ne sont pas concernés.
Au-delà de ces mesures, la protection des troupeaux se joue d’abord dans les exploitations. Voici ce qu’il faut savoir.
Une maladie virale très contagieuse
La fièvre aphteuse est due à un virus dont il existe sept sérotypes. Elle touche les bovins, les ovins, les caprins, les porcins et les autres artiodactyles. Selon l’OMSA, les animaux en élevage intensif sont plus sensibles que ceux des élevages traditionnels.
La morbidité peut atteindre 100 % dans une population sensible. La mortalité reste faible chez les adultes, entre 1 et 5 % selon l’OMSA, mais elle atteint 20 % ou plus chez les jeunes veaux, agneaux et porcelets. Cette mortalité des jeunes est due à une atteinte du cœur (myocardite), qui peut tuer l’animal avant même l’apparition des vésicules.
Les signes à surveiller
L’incubation dure de 2 à 14 jours. Les signes décrits par l’OMSA sont les suivants :
- fièvre, abattement, perte d’appétit et amaigrissement ;
- salivation abondante ;
- vésicules (aphtes) sur le nez, la langue, les lèvres et dans la bouche, entre les onglons, au-dessus des onglons et sur les trayons ;
- boiterie marquée ;
- chute de la production laitière, de l’ordre de 80 % chez les animaux chroniquement atteints.
Les vésicules guérissent en général en sept jours ou plus, avec un risque de surinfection. Les signes cliniques ne suffisent pas au diagnostic : d’autres maladies vésiculeuses leur ressemblent. L’OMSA juge donc indispensable la confirmation de tout cas suspect par le laboratoire. C’est le rôle des services vétérinaires.
Comment le virus circule
Le virus est présent dans toutes les excrétions et sécrétions des animaux infectés. Selon l’OMSA, ces animaux « expirent notamment de grandes quantités de virus sous forme d’aérosols ». Le virus peut se trouver dans le lait et la semence jusqu’à quatre jours avant l’apparition des signes cliniques.
Selon l’OMSA, le virus circule notamment par :
- l’introduction de nouveaux animaux ;
- les bâtiments, véhicules et équipements contaminés ;
- le fourrage, l’eau et les aliments ;
- les vêtements des personnes ;
- la viande, les produits d’origine animale ou les aliments crus ou mal cuits et contaminés, distribués aux animaux.
Des animaux guéris peuvent rester porteurs du virus et être à l’origine de nouveaux foyers. Un animal qui semble rétabli n’est donc pas forcément sans risque.
Les gestes de biosécurité recommandés
Dans son avis diffusé le 27 octobre et rapporté par Algérie Eco, la chambre d’agriculture de la wilaya de Béjaïa recommande notamment de :
- « Surveiller régulièrement l’état sanitaire des animaux » ;
- éviter l’introduction d’animaux sans précaution sanitaire ;
- limiter les déplacements et les contacts entre animaux d’élevages différents ;
- signaler immédiatement tout symptôme suspect aux services vétérinaires compétents ;
- en cas de suspicion, éviter tout déplacement des animaux concernés.
Ces consignes rejoignent celles de l’OMSA, qui place la biosécurité à l’exploitation et le contrôle des introductions et des mouvements d’animaux parmi les piliers de la prévention. Elles s’appuient sur la surveillance et la détection précoce.
La vaccination : ce que recommande l’OMSA
Dans les pays où la maladie circule, l’OMSA indique que la vaccination vise surtout les animaux de valeur, comme les vaches laitières, avec une vaccination en anneau autour des foyers. Pour être efficace, une campagne doit couvrir au moins 80 % de la population ciblée, être menée dans le délai le plus court possible et tenir compte de l’immunité transmise par la mère. Les vaccins inactivés sont fortement recommandés ; les vaccins vivants sont déconseillés à cause du risque de retour à la virulence. La décision de vacciner relève des autorités vétérinaires de chaque pays.

