L’Algérie poursuit discrètement mais méthodiquement son rapprochement avec le marché européen des fruits et légumes. Depuis la fin du mois d’avril, plusieurs opérations tests de commercialisation de melon jaune algérien sont menées en France dans le cadre d’un programme coordonné par la société Numidia. L’initiative vise à évaluer l’intérêt des opérateurs français pour cette origine encore peu présente dans les circuits d’approvisionnement européens et à construire progressivement une offre structurée capable de répondre aux exigences du marché.
Jusqu’à présent, une grande partie des producteurs impliqués orientaient principalement leurs exportations vers les pays du Golfe, notamment le Qatar. Les évolutions récentes des marchés internationaux et la volonté de diversifier les débouchés conduisent désormais certains opérateurs à explorer de nouvelles opportunités commerciales, en particulier en Europe.
Le programme repose sur plusieurs bassins de production répartis à travers le pays. La région de Biskra constitue aujourd’hui le principal socle agricole du projet, complété par d’autres zones de production permettant d’étaler la campagne sur plusieurs mois. Au total, près de 600 hectares ont été identifiés pour accompagner le développement de cette filière export.
La stratégie consiste à démarrer les récoltes dans les zones les plus précoces d’El Oued et de Biskra avant de remonter progressivement vers les régions septentrionales du pays. Après une première phase dominée par les cultures sous abris, la campagne entre désormais dans une nouvelle étape avec l’arrivée des productions de plein champ. Les volumes actuellement commercialisés proviennent notamment de la région de Relizane, dont les conditions climatiques favorisent la production de fruits à forte teneur en sucre grâce à un ensoleillement important, un climat sec et des amplitudes thermiques marquées.
Selon Freshplaza une dizaine de producteurs participent actuellement au programme. L’ambition est de bâtir une filière capable d’alimenter le marché français de la fin avril jusqu’au mois d’octobre, tout en garantissant une régularité d’approvisionnement et une qualité constante.
Contrairement aux stratégies basées sur les volumes, le melon jaune algérien mise sur un positionnement premium. Les producteurs privilégient des fruits de 3 à 4 kilogrammes, considérés comme les plus aptes à exprimer leur potentiel gustatif. Cette approche s’accompagne d’une récolte à maturité avancée afin d’optimiser les qualités organoleptiques du produit.
Les premiers résultats semblent confirmer ce choix. Selon les responsables du programme, les lots actuellement expédiés affichent des niveaux de sucre atteignant 15 à 16 degrés Brix, des valeurs particulièrement recherchées sur le segment des melons à forte qualité gustative. Les retours obtenus auprès des distributeurs français et des consommateurs apparaissent encourageants, plusieurs opérateurs ayant déjà manifesté leur intérêt pour des volumes supplémentaires.
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Au-delà du melon jaune, cette initiative pourrait ouvrir la voie à d’autres productions algériennes. Des essais sont déjà en cours sur plusieurs espèces, notamment le poivron, le piment, la tomate et la pastèque. Pour la campagne hivernale 2026-2027, les développements devraient concerner principalement les légumes de ratatouille, avec un accent particulier sur la tomate cerise grappe. À plus long terme, des programmes d’exportation de mandarine sont également envisagés à partir de 2027.
Même si les exportations algériennes vers la France demeurent encore modestes, cette démarche marque une étape importante dans la structuration d’une offre export tournée vers l’Europe. Le défi consistera désormais à démontrer dans la durée la capacité de l’origine Algérie à répondre aux attentes des acheteurs en matière de qualité, de régularité et de fiabilité logistique, trois critères essentiels pour s’imposer durablement sur le marché européen.