mardi 12 mai 2026
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Ph : APS

Betterave sucrière : Cevital lance un projet intégré de 600 millions de dollars dans le sud algérien

Le groupe Cevital accélère le développement de son projet agro industriel consacré à la betterave sucrière dans la wilaya de Ghardaïa. Implanté dans la région de Mansourah, ce programme représente un investissement estimé à 600 millions de dollars et ambitionne de structurer une nouvelle filière sucrière intégrée dans le sud algérien.

Le projet combine à la fois la production agricole de betterave sucrière et la transformation industrielle du sucre sur un même site. La concession agricole couvre près de 1.200 hectares et les premières plantations ont été engagées dès 2024. Selon les informations relayées par la télévision algérienne, les premiers essais agronomiques réalisés par les équipes techniques du groupe affichent des niveaux d’extraction de sucre compris entre 18 % et 20 %, des résultats considérés comme prometteurs dans un environnement saharien particulièrement exigeant.

L’approche retenue par Cevital repose sur un modèle intégré associant proximité des parcelles agricoles et unité industrielle de transformation. Une raffinerie doit être construite directement sur le site de Mansourah avec une entrée en production prévue à l’horizon 2028. Cette organisation vise à limiter les coûts logistiques liés au transport des racines, un facteur stratégique dans la rentabilité de la filière betteravière.

Le défi reste toutefois important sur le plan technique et logistique. Le site se situe à environ 160 kilomètres de Ghardaïa, dont une partie accessible uniquement par piste désertique. Pour soutenir le développement du projet, plusieurs infrastructures de base ont été déployées afin d’assurer l’hébergement des équipes et la continuité des travaux dans cette zone isolée.

La question de l’eau constitue également un enjeu central. Les travaux hydrauliques engagés comprennent notamment un forage ayant atteint 385 mètres de profondeur afin de sécuriser l’alimentation hydrique nécessaire aussi bien à l’irrigation des cultures qu’au fonctionnement industriel futur de la raffinerie.

ce complexe pourrait générer jusqu’à 5.000 emplois directs et indirects

Le projet a récemment fait l’objet d’une visite d’inspection menée par le wali de Ghardaïa, Abdellah Abi Nouar, accompagné de Malik Rebrab. Initialement lancé en 2021, le dossier avait connu plusieurs retards administratifs et techniques avant d’entrer dans une phase opérationnelle plus active ces derniers mois.

Selon les données communiquées par le groupe, ce complexe pourrait générer jusqu’à 5.000 emplois directs et indirects. Au-delà de la production de sucre, Cevital prévoit également la valorisation des coproduits de la betterave, notamment la pulpe et la mélasse, destinées à l’alimentation animale. Cette orientation pourrait favoriser l’émergence d’activités d’élevage et de transformation complémentaires dans la région.

Ce projet intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à renforcer sa souveraineté alimentaire et à réduire sa dépendance aux importations de sucre. Le développement d’une filière locale de betterave sucrière dans le sud du pays constitue ainsi un test stratégique pour l’agriculture saharienne et pour l’industrie agroalimentaire algérienne.

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