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Ph : AIP

Les importations de céréales atteignent des sommets historiques

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) prévoit que l’Algérie importera 14 millions de tonnes de céréales durant l’exercice 2023/24, un volume destiné à couvrir les besoins de consommation interne. Parmi ces importations, le blé représente une part majeure avec 8,7 millions de tonnes, soit environ 60 % du total.

Pour l’exercice 2024/25, la FAO anticipe un volume d’importations similaire, atteignant 14,1 millions de tonnes. Ce niveau record, le plus élevé des cinq dernières années, est principalement attribué à la sécheresse qui a frappé les régions céréalières du pays, réduisant ainsi la production nationale de céréales en dessous de la moyenne.

En plus du blé, l’Algérie prévoit d’importer 4 millions de tonnes de maïs et 1 million de tonnes d’orge fourragère. Les rendements des cultures de blé et d’orge, principalement pluviales, varient considérablement selon les précipitations, qui ont été particulièrement irrégulières et inférieures aux moyennes dans l’ouest du pays. En revanche, les fortes pluies de novembre et décembre 2023 dans le nord-est et le centre ont eu un impact positif sur ces régions.

La FAO projette une production nationale de céréales de 3,5 millions de tonnes pour 2024. Avec une superficie agricole de 3,3 millions d’hectares consacrée à la culture des céréales, la production annuelle algérienne n’a pas dépassé les 4,2 millions de tonnes au cours des cinq dernières années, couvrant seulement 30 % des besoins nationaux.

Face à cette dépendance aux importations, les pouvoirs publics algériens cherchent à diversifier les fournisseurs de céréales. Depuis fin 2020, l’Algérie a assoupli les critères d’importation du blé tendre, ce qui a permis à la Russie de devenir un fournisseur majeur.

Lors d’une réunion du Conseil des ministres, le président Abdelmadjid Tebboune a fixé un objectif ambitieux : augmenter les surfaces cultivées dans le grand Sud à 500 000 hectares, avec une productivité minimale de 55 quintaux par hectare. Il a également ordonné la production de grains de maïs et interdit leur récolte avant maturité complète, afin de réduire les importations de maïs destinées à l’aviculture.

Pour soutenir les agriculteurs affectés par la sécheresse, le gouvernement a distribué des semences et des engrais, facilitant ainsi les emblavements en cours de récolte. Les efforts se concentrent sur la fourniture de variétés nouvelles, de semences certifiées, d’engrais et de matériel agricole, ainsi que sur la protection des cultures.

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En Algérie, la céréaliculture est étroitement liée à l’élevage ovin. Des partenariats avec des organismes internationaux ont mis en lumière la nécessité d’une meilleure intégration de l’élevage et la possibilité de réduire les surfaces en jachère. Un programme de relance de la culture des légumes secs sur ces terres a été lancé en 2023.

Sur le plan de la consommation, bien que différents types de farine soient disponibles, la farine T45 reste la plus utilisée en boulangerie. L’amélioration du taux d’extraction, qui permet d’obtenir des farines plus riches en fibres comme les T55 et T65, contribue à une meilleure valorisation de chaque quintal de blé importé.

L’Algérie fait face à des défis majeurs en matière de sécurité alimentaire, avec une dépendance significative aux importations de céréales. Les initiatives gouvernementales visent à augmenter la production nationale et à diversifier les sources d’approvisionnement, tout en améliorant la productivité agricole.

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