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Terrain agricole
Terrain agricole - ph : DR

La Wilaya de Ghardaïa ouvre 16 000 hectares de terres aux investisseurs pour promouvoir l’agriculture

La Wilaya de Ghardaïa, située au cœur du Sahara algérien, s’engage résolument dans le développement de l’agriculture stratégique en mobilisant plus de 16 000 hectares de terres fertiles. Cette initiative, menée par l’Office de développement de l’agriculture industrielle en terres sahariennes (ODAS), vise à encourager les investisseurs à participer à la mise en valeur de cette région prometteuse.

La superficie allouée se trouve dans la commune de Mansoura, à « Chebarga », à environ une centaine de kilomètres au sud de Ghardaïa. Selon Sid Ahmed Melahi, directeur du secteur, ces terres sont exclusivement dédiées aux investisseurs agricoles dans le cadre d’une approche axée sur l’agriculture intensive, moderne et stratégique.

Une équipe technique composée de représentants de l’agriculture, du cadastre et des élus locaux a délimité ces terres, marquant ainsi le début d’une nouvelle ère pour l’investissement agricole dans la région. L’objectif est de promouvoir des exploitations agricoles viables, de taille suffisante, pour intensifier les processus de production et garantir la rentabilité des investissements.

Le directeur, M. Melahi, souligne que cette opération vise également à assurer la stabilité, la durabilité et la sécurité pour les exploitants, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire du pays, en particulier pour les cultures stratégiques intensives telles que la céréaliculture, l’alimentation du bétail et la maïsiculture.

En 2021, les pouvoirs publics ont créé l’ODAS pour surmonter les obstacles liés à l’accès au foncier agricole en utilisant des moyens de production modernes sur de vastes étendues, permettant aux investisseurs potentiels de participer au développement des cultures stratégiques.

Une place de choix est réservée aux cultures stratégiques dans le but de créer des pôles agricoles dédiés à l’agriculture intensive. Ces pôles, situés dans le Sud riche en ressources hydriques, visent à renforcer la sécurité alimentaire et à réduire la dépendance aux importations. Ils seront complétés par des activités agroalimentaires de transformation et de conservation, créant ainsi des opportunités d’emploi pour la population locale.

Khaled Djebrit, Ingénieur en chef chargé des statistiques à la DSA, explique que l’encouragement au développement des cultures stratégiques, en particulier la céréaliculture, vise à optimiser la production céréalière, assurer l’autosuffisance alimentaire et réduire la facture d’importation.

Afin de simplifier le processus, une plate-forme numérique a été lancée début 2021, permettant aux investisseurs de déposer leurs demandes à distance pour bénéficier d’un foncier agricole via l’ODAS.

Parallèlement, l’Office national des terres agricoles (ONTA) a mobilisé près de 2950 hectares répartis sur une vingtaine de périmètres agricoles dans différentes localités de la Wilaya de Ghardaia. Une plateforme numérique a également été lancée pour faciliter le processus de concession, permettant aux investisseurs de déposer leurs demandes directement en ligne.

La Wilaya de Ghardaïa, avec une superficie agricole arable totale de 724 612 hectares, dont près de 24 000 hectares de terre agricole utile irriguée à 100%, se positionne comme une région avec un potentiel significatif pour l’exploitation intégrée et le développement de filières agro-industrielles.

Cependant, malgré ces opportunités, les agriculteurs soulignent le besoin d’une sécurisation foncière pour les terres cultivées dans les régions sahariennes, en particulier celles relevant du domaine privé de l’État. Les investisseurs recherchent un accès à la propriété foncière agricole pour garantir la pérennité de leurs investissements.

Hadj Salah, un agriculteur intéressé par les cultures stratégiques, insiste sur le rôle crucial de l’investissement agricole pour atténuer les effets de la crise alimentaire et stimuler la production de produits agricoles stratégiques. Pour surmonter les défis, il met en avant la nécessité d’une formation spécialisée des investisseurs, d’une assistance aux porteurs de projets et de la mobilisation des fonds nécessaires pour les projets d’irrigation, favorisant ainsi la résilience et la durabilité de l’agriculture dans la région saharienne.

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