Une enquête menée à Béjaïa, Bouira et Tizi Ouzou fait ressortir une marge nette moyenne de 466 611,5 DA par exploitation. Publiés le 8 octobre 2026, ces résultats reposent sur des données collectées fin 2024 et montrent des écarts importants entre producteurs. Le travail familial et l’autoconsommation entrent dans les calculs.
Combien rapporte une oliveraie traditionnelle ? Une étude de Haoua Amrouni Sais, Rabah Fethallah et Mohamed Fahas, chercheurs à l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie, apporte des éléments chiffrés à cette question. Parue dans la revue scientifique Annals of Arid Zone, elle examine les coûts de production et la rentabilité de 38 exploitations oléicoles extensives du nord du pays.
Les auteurs constatent une rentabilité positive dans l’échantillon, mais soulignent sa fragilité face aux variations de rendement, aux conditions climatiques et au coût du travail. Leur analyse porte sur des vergers traditionnels conduits en pluvial, dont les contraintes diffèrent de celles des plantations intensives irriguées.
L’enquête a été réalisée en novembre et décembre 2024 auprès de 16 exploitations à Béjaïa, 11 à Bouira et 11 à Tizi Ouzou. Les vergers retenus devaient couvrir au moins un hectare, avoir plus de quinze ans et produire des olives destinées à la trituration. Leur superficie moyenne atteint 3,78 hectares, avec des surfaces comprises entre un et treize hectares.
La densité moyenne est de 89,2 arbres par hectare. La production s’établit à 8,47 tonnes d’olives par exploitation et le rendement moyen à 2,22 tonnes par hectare. Ces moyennes recouvrent toutefois des situations contrastées : les rendements relevés vont de 0,3 à 7,93 tonnes par hectare.
Sur le plan économique, la valeur moyenne de la production, présentée comme le chiffre d’affaires dans l’étude, atteint 950 001,3 DA par exploitation. Les charges variables représentent en moyenne 460 333,4 DA, auxquelles s’ajoutent 23 056,4 DA de charges fixes. La marge nette moyenne ressort ainsi à 466 611,5 DA.
Cette moyenne ne décrit pas le résultat de chaque producteur. Les marges nettes individuelles s’échelonnent de 32 100 DA à environ 2,2 millions de DA. La moitié des exploitations se situe entre 108 212,5 et 531 121,9 DA. Les dimensions des vergers, les rendements et les pratiques de gestion contribuent aux écarts observés.
La méthode de calcul mérite une attention particulière. Les chercheurs valorisent l’ensemble de la production aux prix déclarés lors de l’enquête, y compris la part consommée par les ménages agricoles. La marge calculée ne doit donc pas être assimilée à une somme intégralement encaissée grâce aux ventes.
Le travail familial est également comptabilisé parmi les coûts, sur la base de 1 500 DA par journée. Cette convention permet d’éviter de surestimer la rentabilité des exploitations qui mobilisent leurs propres membres plutôt que des salariés. Les calculs intègrent aussi des amortissements et une valeur locative du foncier. En revanche, les intérêts sur le capital immobilisé ne sont pas pris en compte, faute de données fiables.
Le coût moyen de production atteint 53,62 DA par kilogramme d’olives. Pour l’huile, le prix de revient moyen, toutes charges retenues par les auteurs comprises, s’établit à 383,75 DA par litre. Les prix de vente observés lors de l’enquête allaient de 700 à 1 100 DA par litre. Ces montants constituent des repères issus de l’enquête de 2024, et non une photographie des prix actuels.
La récolte et la taille concentrent les besoins de travail. Les auteurs identifient la mécanisation adaptée et la valorisation locale de l’huile parmi les pistes d’amélioration, tout en relevant que les terrains souvent pentus limitent la mécanisation. Ils préconisent également un accompagnement technique et des pratiques agroécologiques.
Ces résultats fournissent une base de réflexion pour le conseil oléicole. Ils ne permettent cependant pas de généraliser la marge moyenne à l’ensemble des exploitations algériennes : l’échantillonnage est raisonné et les chercheurs précisent qu’il ne garantit pas une généralisation statistique, même aux trois wilayas étudiées.
Source : étude originale
