Une étude publiée le 8 octobre dans la revue scientifique Annals of Arid Zone examine l’effet de pulvérisations foliaires de saccharose et de fructose sur la teigne de la pomme de terre. Le mélange des deux sucres présente les résultats les plus favorables, mais son efficacité reste partielle et expérimentale.
Des sucres pour contribuer à protéger la pomme de terre contre Phthorimaea operculella : cette piste fait l’objet de travaux menés en Algérie par R. Meradi et ses collaborateurs. L’équipe réunit des chercheurs des universités de Batna 1, Batna 2 et M’Sila, avec une participation de l’Université de Sfax, en Tunisie. L’étude porte sur des cultures de pomme de terre conduites au champ en Algérie.
Les chercheurs ont comparé des applications foliaires de saccharose, de fructose et de leur association, à une concentration annoncée de 100 ppm. Le suivi concernait le taux d’infestation, les mines et les stades immatures du ravageur sur le feuillage. L’objectif était d’examiner comment ces traitements pouvaient modifier la présence et les dégâts de la teigne.
Le résultat principal souligne l’importance de la composition du traitement. Le mélange saccharose et fructose affiche un taux d’infestation de 32,29 %, contre 62,50 % pour le saccharose seul. Selon les auteurs, l’infestation observée avec le mélange est également significativement inférieure à celle du témoin. Le saccharose utilisé seul présente donc un résultat nettement moins favorable que son association avec le fructose.
Cette différence appelle une lecture prudente. Elle ne permet pas de considérer toute pulvérisation de sucre comme protectrice. Les auteurs interprètent notamment le résultat du saccharose seul comme un effet de stimulation de l’alimentation du ravageur. La nature du sucre et son association constituent ainsi des éléments déterminants dans cet essai.
L’efficacité calculée du mélange selon la méthode d’Abbott atteint 31,12 à 36,67 %. Ces valeurs correspondent à une efficacité corrigée par rapport au témoin ; elles ne doivent pas être confondues avec le taux d’infestation de 32,29 %. Elles décrivent une réduction partielle, qui laisse subsister une pression du ravageur.
Pour la recherche agronomique algérienne, ces résultats ouvrent une piste à approfondir en protection intégrée. Pour les producteurs, ils ne constituent toutefois pas encore une recommandation de traitement. La transposition à une exploitation demanderait notamment de vérifier la reproductibilité des résultats et leur intérêt sur les dommages aux tubercules et la production commercialisable. La publication apporte donc un signal expérimental intéressant, dont la portée opérationnelle reste à établir.
Source :
epubs.icar.org :
Sugar-Induced Modulation of Potato Tuber Moth Infestation: Field Evidence from Algeria
