L’Algérie poursuit la réorganisation de son dispositif d’accompagnement des investisseurs. Le décret présidentiel n° 26-326, signé le 12 octobre 2026 et publié au Journal officiel du 13 octobre, encadre le fonctionnement d’un guichet unique national chargé de traiter les dossiers d’investissement. Une évolution réglementaire qui intéresse notamment les porteurs de projets dans l’agro-industrie, la transformation alimentaire et les infrastructures de stockage.
Un dispositif pour centraliser les démarches administratives
La mise en place de ce guichet unique national s’inscrit dans l’organisation des procédures applicables aux investissements en Algérie. Le décret présidentiel n° 26-326 précise le cadre dans lequel les dossiers peuvent être instruits et les actes administratifs nécessaires à la réalisation des projets délivrés.
L’objectif du dispositif est de permettre aux investisseurs concernés de disposer d’un interlocuteur administratif centralisé, plutôt que de multiplier les démarches auprès de différentes structures.
Cette organisation revêt une importance particulière pour les projets industriels qui nécessitent plusieurs autorisations et formalités avant leur concrétisation. Dans le secteur agroalimentaire, les investissements peuvent notamment concerner la création d’unités de transformation, l’installation de capacités de conditionnement ou le développement d’infrastructures logistiques.
Des implications potentielles pour l’agro-industrie
Pour les entreprises agricoles et agroalimentaires, ce cadre réglementaire mérite une attention particulière. Les projets de transformation des céréales, de valorisation des productions végétales, de stockage frigorifique ou encore de fabrication d’équipements destinés à l’agriculture peuvent nécessiter des démarches administratives importantes.
La centralisation des procédures pourrait faciliter le suivi de certains dossiers, sous réserve que les investissements concernés entrent effectivement dans le champ de compétence du guichet national.
Il convient toutefois de distinguer les investissements industriels et agroalimentaires des opérations portant directement sur le foncier agricole. Le décret ne permet pas, à lui seul, de conclure que l’attribution ou l’exploitation des terres agricoles relève automatiquement de ce nouveau dispositif.
Un rôle également prévu dans l’accès au foncier économique
Le guichet national intervient aussi dans la gestion du foncier économique destiné aux investissements. Ses attributions comprennent notamment l’identification des projets éligibles, la mise à disposition d’informations sur les disponibilités foncières et le suivi de l’avancement des investissements.
Le dispositif est placé sous la tutelle du Premier ministre. Il doit également accompagner les investisseurs dans l’examen de leur éligibilité aux avantages prévus par la réglementation et assurer le suivi des engagements souscrits.
Pour les opérateurs de l’agro-industrie algérienne, l’enjeu sera désormais de déterminer les modalités pratiques d’application de ces dispositions à leurs projets. La centralisation administrative constitue un changement organisationnel important, mais ses effets sur les délais d’instruction et de réalisation des investissements devront être appréciés à l’usage.
Sources : Journal officiel de la République algérienne n° 72 du 13 octobre 2026, décret présidentiel n° 26-326, pages 5 à 11
