Une étude scientifique réalisée dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj met en évidence des différences de comportement entre six variétés d’olivier cultivées en conditions semi-arides. Publiés le 8 octobre 2026 dans la revue scientifique Annals of Arid Zone, les résultats montrent que Chemlal et Frontoio présentent les valeurs de nouaison les plus élevées parmi les variétés étudiées, tandis qu’Azeradj et Sigoise se distinguent par la taille de leurs fruits. Ces observations apportent de nouvelles références pour la caractérisation du patrimoine oléicole algérien.
L’adaptation des variétés d’olivier aux conditions pédoclimatiques constitue un enjeu important pour le développement de l’oléiculture en Algérie, particulièrement dans les régions caractérisées par des étés chauds et secs et une disponibilité en eau variable.
C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs algériens, composée de Bahlouli Fayçal, Salamani Amel, Chourghal Nacira et Maamri Khelifa, a étudié les caractéristiques morphologiques et phénotypiques de six variétés d’olivier dans la région d’El Annasser, située dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj.
Les travaux ont porté sur Azeradj, Frontoio, Neb Djemel, Limli, Sigoise et Chemlal, afin d’identifier les différences variétales concernant le développement végétatif, la floraison, la nouaison et la croissance des fruits.
Une expérimentation conduite sur 24 oliviers
Pour réaliser cette comparaison, les chercheurs ont sélectionné quatre arbres par variété, soit un total de 24 oliviers âgés de 19 ans. Les observations ont suivi le développement des arbres depuis le débourrement jusqu’à la fructification.
L’étude s’appuie sur les méthodes de caractérisation recommandées par le Conseil oléicole international (COI). Plusieurs paramètres ont été examinés, notamment les dimensions des arbres, les caractéristiques des feuilles, le développement floral et la formation des fruits.
Les sols de la zone étudiée présentent une texture limoneuse à limono-argileuse, un caractère calcaire et un pH de 7,9. Les analyses rapportent également une teneur en matière organique de 3,5 %, des niveaux élevés de phosphore et une faible disponibilité en potassium.
Ces caractéristiques permettent de replacer les observations variétales dans leur environnement local, sans nécessairement les généraliser à l’ensemble des bassins oléicoles algériens.
Chemlal et Frontoio affichent les meilleurs taux de nouaison
Les résultats font apparaître des différences entre les variétés pour plusieurs caractères reproductifs.
Frontoio enregistre le taux de nouaison moyen le plus élevé, avec 5,57 %, suivie de Chemlal avec 5,14 %. À l’inverse, Sigoise présente le taux le plus faible, à 3,11 %.
Les observations relatives au nombre moyen d’olives par branche placent également Frontoio en première position, avec 19 fruits, devant Chemlal avec 14,75 fruits.
Toutefois, les chercheurs précisent que les différences observées concernant le taux de nouaison et le nombre de fruits par branche ne sont pas statistiquement significatives. Ces résultats traduisent donc des tendances au sein de l’échantillon étudié, sans démontrer une supériorité variétale généralisable.
Les six variétés présentent par ailleurs des taux de nouaison relativement faibles, tous inférieurs à 8 %. Les auteurs évoquent notamment l’influence possible des conditions environnementales et de la disponibilité en eau sur ces résultats.
Azeradj et Sigoise produisent les fruits les plus volumineux
L’étude révèle des différences statistiquement significatives concernant la croissance et les dimensions des olives.
Azeradj présente les fruits les plus développés parmi les variétés étudiées, avec une dimension moyenne de 1,6 cm, suivie de Sigoise avec 1,4 cm.
À l’opposé, Chemlal affiche les fruits les plus petits, avec environ 1 cm. Frontoio et Limli présentent également des fruits de dimensions relativement modestes.
Cette distinction souligne l’intérêt d’examiner séparément les caractères reproductifs et les caractéristiques physiques des fruits. Un nombre plus élevé de fruits par branche ne signifie pas nécessairement que les olives seront plus volumineuses.
Les chercheurs ont d’ailleurs identifié une corrélation négative entre la taille des fruits et leur nombre par branche, avec un coefficient de corrélation de -0,70 dans leur échantillon.
Des différences également observées dans le développement végétatif
Au-delà de la fructification, les observations mettent en évidence des variations dans l’architecture des arbres et les dimensions des feuilles.
Neb Djemel présente la largeur de couronne la plus importante, avec 273,75 cm, contre 166,10 cm pour Sigoise. Frontoio atteint pour sa part 257,25 cm.
Chemlal se distingue également par la longueur moyenne de ses feuilles, qui atteint 6,92 cm, contre 5,40 cm pour Neb Djemel.
Les analyses statistiques confirment des différences significatives pour certains caractères, notamment la largeur des arbres, l’épaisseur des branches principales et plusieurs paramètres foliaires.
En revanche, les différences concernant la hauteur des arbres, l’épaisseur des troncs et le nombre de branches principales ne sont pas statistiquement significatives.
Des références pour améliorer la connaissance des variétés oléicoles algériennes
Pour les producteurs et les techniciens, ces travaux présentent un intérêt dans la caractérisation des variétés cultivées en milieu semi-aride.
La comparaison des caractères végétatifs et reproductifs permet de mieux documenter le comportement de chaque variété dans les conditions locales de Bordj Bou Arréridj.
Elle ne constitue cependant pas, à elle seule, un classement des variétés selon leur productivité ou leur résistance au déficit hydrique. L’étude ne démontre ni une supériorité de rendement de Chemlal et Frontoio, ni une meilleure tolérance à la sécheresse.
Pour établir de telles conclusions, des données complémentaires sur les rendements par arbre ou par hectare, la production d’huile, les régimes hydriques et la régularité de production sur plusieurs campagnes seraient nécessaires.
Les auteurs soulignent finalement l’importance d’une gestion adaptée de l’irrigation et des sols pour améliorer la productivité des oliveraies en régions semi-arides.
Ces résultats contribuent ainsi à enrichir les connaissances scientifiques sur les ressources variétales oléicoles algériennes, dans une perspective de meilleure adaptation des systèmes de production aux conditions locales.
Source scientifique : Bahlouli Fayçal, Salamani Amel, Chourghal Nacira et Maamri Khelifa (2026). Morphological and Phenotypic Variability of Olive Varieties (Olea europaea sativa L.) in Algeria: Implications for Cultivation in Semi-Arid Regions. Annals of Arid Zone, volume 65, numéro 3, pages 149-156. Publication du 8 octobre 2026.
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