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mardi 27 septembre 2022
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Photo : DR

La pénurie d’eau pourrait sévèrement compromettre les rendements agricoles

Le professeur Brahim Mouhouche recommande l’utilisation des énergies renouvelables pour augmenter les ressources en eau et sauver la production agricole.

Ce jeudi 17 février 2022, alors qu’il intervenait sur la radio chaîne 3, le professeur à l’Ecole nationale supérieure agronomique d’El Harrach, Brahim Mouhouche, a mis en garde, sur les répercussions de la persistance de rareté de l’eau sur la production agricole. Il a mentionné les difficultés des agriculteurs lors de la phase de plantation des cultures. Avec un taux national de remplissage des barrages de 37 % inégalement réparti selon les régions, certaines zones sont remplies à pratiquement 70 % tandis que d’autres manquent cruellement d’eau.

Le professeur, appelle l’Etat à mesurer le danger de ce manque d’eau pour les régions faiblement alimentées en tenant compte du fait que l’Algérie a un climat saharien sur la plus grande partie du territoire. En effet, l’Algérie fait partie des pays les plus pauvres en eau. Avec 211 milliards de m3 de précipitations enregistrées annuellement sur le territoire, seules 11 à 12 milliards de m3 d’eau renouvelable sont utilisables. A ce volume, on pourrait ajouter 5 milliards de m3 d’eau non-renouvelable du Sud explique t’il à nos confrères de algerie-eco.

Si on prend en compte les 45 millions d’algérien, chaque habitant bénéficie de 300 m3 par an. Quand on sait que la moyenne mondiale est de 6 000 m3 par personne, on peut s’imaginer le danger encouru par l’Algérie comparativement aux autres pays pauvres en eau.

“Le professeur Brahim Mouhouche préconise une optimisation de la consommation des ressources hydriques en se tournant vers des cultures nécessitant moins d’eau.”

Le Pr Mouhouche a insisté sur la nécessité de capter toutes les ressources hydriques existantes, comme les eaux de pluies dans les habitations et autres constructions. En outre, il faudrait renforcer les capacités de dessalement dans les régions côtières. A cet effet, Brahim Mouhouche préconise l’utilisation des énergies renouvelables pour minimiser les coûts du dessalement. Il faut savoir que le dessalement d’un mètre cube d’eau salée nécessite un investissement de 5 000 dollars. Par conséquent, pour dessaler un mètre cube, il faut investir 200 DA, alors que le citoyen lambda paye 6 DA pour le m3.

Autrement dit, la politique tarifaire étatique favorise le gaspillage d’une eau inexistante. Le professeur a rappelé la nécessité d’économiser l’eau à tous les niveaux  autant dans les cuisines ménagères que dans le secteur industriel, agricole, et même touristique.

L’agriculture seule consomme plus de 75 % d’eau disponible, contre seulement 5 % alloué aux ménages. Il s’avère donc essentiel de prioriser les cultures qui résistent bien au manque d’eau et de respecter les itinéraires techniques permettant d’optimiser la consommation des ressources hydriques.

Il faut noter que la culture du blé en Algérie nécessite près de 3 000 litres d’eau par kilogramme de blé à cause du non-respect de l’itinéraire technique. Le professeur recommande d’encourager les habitants à modifier leur consommation des dérivés du blé et une augmentation de la rentabilité de l’eau pour les autres cultures.

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